Dr. Solyom

Chirurgie MAXILLO-FACIALE
CAPIO - POLYCLINIQUE DU PARC

La chirurgie orthognatique

Votre orthodontiste est le professionnel de santé qui est le plus à même de vous conseiller si une coopération orthodontique et chirurgicale lui semble souhaitable. Si une indication chirurgicale est posée il est intéressant de prendre plusieurs avis auprès de confrères.

Les photos qui illustrent le texte ont pour unique objectif de vous aider à mieux comprendre les techniques utilisées. Elles correspondent chacune à une réalité qui ne peut être transposée car chaque situation clinique est différente et unique.


Quand proposer une chirurgie orthognatique ?


La chirurgie orthognatique corrige les malpositions du maxillaire et de la mandibule.

Les dents peuvent dans certains cas être décalées parce que les structures osseuses qui les soutiennent sont mal placées par défaut de croissance.
La chirurgie rétablit l’harmonie du squelette facial, en repositionnant harmonieusement la mâchoire supérieure, et la mandibule (avec le menton).
Les dents trouvent ainsi leur position idéale.

L’orthodontiste intervient avant la chirurgie afin de positionner les dents par rapport à leur tissu osseux de soutient (maxillaire et mandibule).
Cette étape pré-chirurgicale orthodontique dure en moyenne dix-huit mois.
Après l’intervention chirurgicale, un traitement orthodontique de finition peut s’avérer nécessaire (pendant une courte durée).

Quand proposer une chirurgie orthognatique ?

Indication dentaire

Si le décalage entre les dents est important :

Le décalage dentaire est lié au décalage des mâchoires.
Le traitement orthodontique ne peut rétablir la situation car le décalage est trop important.
La chirurgie est alors indiquée.

Si le décalage dentaire est peu important :

Une solution orthodontique sans chirurgie est possible mais dans certaines situations cliniques il est préférable d’opérer.

L’indication dépend de l’axe et de la position des dents, et de la forme de votre visage (volume des lèvres par exemple), celui-ci étant le reflet du positionnement du maxillaire et de la mandibule. Par exemple si la lèvre supérieure est fine et si les dents du bas sont en arrière, un traitement orthodontique sans chirurgie risque d’affiner la lèvre supérieure et creuser le sillon compris entre le menton et la lèvre inférieure.

La décision d’une chirurgie peut alors être indiquée.

Indication morphologique



La malposition du maxillaire et de la mandibule est responsable d’une disharmonie faciale.
Un maxillaire trop en arrière se traduit par une lèvre supérieure fine et une ouverture de l’angle compris entre le nez et la lèvre.
Un excès de hauteur du maxillaire se traduit par une non congruence labiale (les lèvres ne se touchent pas au repos) et par un sourire gingival.
Au contraire une insuffisance de hauteur du maxillaire se traduit par des lèvres comprimées au repos et un sourire de l’édenté (on ne voit pas les dents).

Une mandibule trop en arrière se traduit par un menton fuyant.

Une asymétrie faciale peut se traduire par un décalage du point inter-incisif par rapport au nez, une hauteur différente entre le côté gauche et la côté droit du visage.

Les décalages des structures osseuses sont imbriquées les unes aux autres et seul un examen clinique associé à l’analyse des radios et des moulages établira un diagnostic précis.

Indication fonctionnelle
Un décalage des mâchoires non traité peut avoir pour conséquences une parodontopathie (mobilité, récession gingivale, perte dentaire), une respiration buccale, une mauvaise position linguale à la déglutition, des douleurs de l’articulation temporo mandibulaire.

La chirurgie rétablit les fonctions du visage : la mastication, la déglutition, la respiration et vous permet de retrouver une occlusion dentaire satisfaisante.

La chirurgie orthognatique peut également être indiquée pour corriger une apnée du sommeil (dans certains cas particuliers), en particulier lorsque la mandibule est trop en arrière.

Avantages de la chirurgie orthognatique




La chirurgie orthognatique positionne les dents dans un axe qui leur garantit un meilleur pronostic à long terme, rétablit la fonction (respiratoire, masticatrice) et l’harmonie de votre visage. L’intervention n’a pas un but esthétique, mais apporte une harmonie au visage par correction des anomalies survenues au cours de la croissance. Cette harmonie est le témoin d’une fonction physiologique tant sur le plan respiratoire que dentaire.

Comment se fait la chirurgie ?




Les ostéotomies sont réalisées par voie orale. Il n’ y a pas de cicatrice.
Les pièces osseuses sont, après ostéotomie, fixées par des plaques en titane.
Leur rôle est de permettre une reprise rapide de la mobilité des mâchoires.
Après consolidation osseuse les plaques n’ont plus aucun rôle. Il est néanmoins inutile de les retirer car elles ne sont pas gênantes (sauf dans des cas particuliers).

L’intervention de Lefort est une ostéotomie de la mâchoire supérieure.
L’intervention d’Epker est une ostéotomie de la mâchoire inférieure.
L’intervention de Génioplastie est une ostéotomie du menton.
Lorsque l’ostéotomie concerne les mâchoires du haut et du bas on parle d’ostéotomie bimaxillaire.

Avant l’opération



La préparation orthodontique est le plus souvent obligatoire.
Une consultation chez le chirurgien avec un panoramique dentaire, des téléradiographies de face et de profil et des moulages permet de poser l’indication.
Les germes des dents de sagesse inférieures ou les dents de sagesses incluses doivent être retirées au moins 4 mois avant la chirurgie (si ostéotomie mandibulaire).
Un scanner vous sera demandé afin de sécuriser les ostéotomies et planifier les déplacements par une modélisation tri dimensionnelle.
S une ostéotomie bi-maxillaire est indiquée, une gouttière intermédiaire sera réalisée un mois avant la chirurgie. Celle ci a pour but de déplacer les structures osseuses de façon très précise et conforme aux simulations réalisées avant la chirurgie.
Le chirurgien vérifie par les moulages une congruence inter-arcade satisfaisante. Dans le cas contraire la chirurgie est reportée.
Un consentement éclairé, une feuille d’information et un devis vous sont remis.
L’orthodontiste place la veille ou l’avant veille de l’intervention des arcs chirurgicaux et des potences. Ces arcs et ces potences permettent au chirurgien de réaliser un blocage de la mâchoire pendant l’intervention.

Hospitalisation et suivi post-chirurgical
Vous êtes hospitalisé la veille de l’intervention.
Vous amenez avec vous les derniers moulages, et les radios prescrites.

Les suites opératoires sont variables, dominées par la tuméfaction de la face et les troubles de sensibilité (comme après une anesthésie chez le chirurgien dentiste).

L’hospitalisation est de courte durée, de 1 à 3 jours en moyenne.

La douleur est peu importante et contrôlé par des antalgiques.
La tuméfaction du visage est constante. Elle s’estompe en une quinzaine de jours.
La perte de sensibilité de l’aile du nez et de la lèvre supérieure survient en cas d’ostéotomie du maxillaire. Le retour à une sensibilité normale est la règle.
La perte de sensibilité de la lèvre inférieure survient en cas d’ostéotomie de la mandibule. Elle régresse plus ou moins complètement en quelques semaines à quelques mois mais parfois un engourdissement d’une partie de la lèvre ou du menton persiste.

Le blocage des mâchoires n’est plus la règle. Les plaques qui fixent les structures osseuses l’évitent dans la plupart des cas.
Néanmoins, si un blocage des mâchoires est prescrit, les élastiques peuvent être retirés pour manger et vous laver les dents.
L’alimentation est mixée.
L’hygiène dentaire est réalisée à partir d’une brosse à dent chirurgicale souple et d’un jet dentaire.
Le traitement orthodontique est repris rapidement dès la troisième semaine.
Le traitement orthophonique est entrepris dès la troisième semaine.
Le suivi avec le chirurgien a lieu tant que persiste le traitement orthodontique.

La reprise de vos activités peu se faire après la deuxième semaine.
La date de reprise est variable et dépend des suites.

Complications

Perte de sensibilité de la lèvre inférieure et du menton :
Cette complication est la plus fréquemment décrite ;
A moins d’une lésion du nerf, la sensibilité revient progressivement, mais peut persister un engourdissement de la lèvre et du menton d’une étendue plus ou moins importante.

Infection :
Complication exceptionnelle.
Dans un certain nombre de cas une intervention pour drainage est nécessaire.

Hématome :
Complication exceptionnelle.
Elle est sans conséquence mais peut nécessiter un drainage.

Retard de consolidation osseuse, pseudarthrose :
Complication exceptionnelle.
On peut alors envisager un blocage des mâchoires.
Ou un traitement occlusal.
Ou une reprise chirurgicale avec greffes osseuses.

D’autres complications ont été décrites dans la littérature mais avec une probabilité tout à fait exceptionnelle.